Agrégats et principes de composition. Questions métaphysiques autour de Leibniz (et Locke)

L’intérêt porté dans la métaphysique contemporaine aux questions du statut des êtres composés et des principes de composition, invite à repenser à nouveaux frais la formulation de ces problèmes et l’élaboration des positions développées à l’Âge classique.
Depuis une vingtaine d’années, les études sur Leibniz consacrées à la nature des substances simples ou monades, et corrélativement au statut des corps, se sont multipliées. L’opposition entre les interprétations idéalistes et réalistes, avec les variantes de chaque nuance a largement dominé le commentaire leibnizien.
En dépit de la profusion des études, plusieurs questions demeurent ouvertes. La première concerne le rapport de dépendance ontologique entre les agrégats et les substances dont ils résultent. Il convient notamment d’interroger l’une des prémisses du principal de Leibniz qui suppose que les agrégats “sont” quelque chose. En second lieu, il convient d’interroger la notion d’agrégat en général, que Leibniz pense parfois en termes méréologiques et parfois de dépendance ontologique. Enfin, si l’unité d’un agrégat dépend toujours d’un acte d’esprit, si bien qu’un agrégat n’est jamais un être pleinement réel, on peut cependant se demander s’il existe des “principes d’agrégation” en vertu desquels une pluralité de substances compose un agrégat.
Ces questions sont au carrefour de l’élaboration de la théorie de la substance et des réflexions plus formelles sur les relations en général, la relation d’inhérence en particulier, ou encore sur la nature des abstraits et des accidents. Les récentes avancées éditoriales, qu’il s’agisse de l’édition de la correspondance philosophique des années 1690 ou celle des textes métaphysiques de la décennie 1700, rendent d’autant plus utile une confrontation des recherches les plus récentes.
Si l’élaboration d’une réflexion sur le statut des agrégats et l’élaboration formelle des relations méréologiques occupent une place prépondérante chez Leibniz, le problème, apparenté, de la composition matérielle occupe une place importante dans la philosophie de Locke. Sa discussion ouvrira un contrepoint éclairant avec Leibniz.
Organisation : Jean-Pascal Anfray (jean-pascal.anfray@ens.fr)

Matin
8.45 Accueil
9.00 Jean-Pascal Anfray. Introduction à la journée
9.30 Massimo Mugnai (Scuola Normale Superiore) “Mereology and metaphysics in the Dissertation on Combinatorial Art and the essays on logical calculus of 1686-90”
10.30 Dan Garber (Princeton University) “Aggregates and continua: why continua aren’t aggregates but extended bodies are”
11.30 Pause café
12.00 Jean-Baptiste Rauzy (Université de Paris-Sorbonne) “Composition et représentation : la Monadologie à travers le carré épistémique”

13.00 Déjeuner

Après-midi
14.30 Stefano Di Bella (Università di Milano) “Une méréologie leibnizienne? Phénoménologie et logique de la relation tout/partie”
15.30 Arnaud Pelletier (Université libre de Bruxelles) “Composition et décomposition du continu dans les échanges avec G. Wagner”
16.30 Pause
17.00 Peter Anstey (University of Sydney) “Locke and Leibniz on Cohesion”
18.00 Conclusions

Journée organisée avec le soutien de l’IUF

Mai 2015 Affiche Early modern Philosophy