Sartre et les figures de la révolte, 1930-1980

Le séminaire est organisé par l’ITEM (Institut des textes et manuscrits modernes), UMR CNRS/ENS et la République des Savoirs : Lettres, Sciences, Philosophie/CIEPFC  (USR 3608) et le centre de recherche en philosophie de l’Université libre de Bruxelles.

Le séminaire est donné par Vincent de Coorebyter, professeur à l’Université libre de Bruxelles, membre de l’Académie royale de Belgique, de l’équipe Sartre de l’ITEM et du Centre PHI, codirecteur scientifique des Etudes sartriennes, directeur scientifique du Bollettino studi sartriani.

La durée totale du séminaire est de 24 heures, réparties en 8 séances de 3 heures. Le séminaire est validable à hauteur de 6 ECTS pour les étudiants de Master 1 et Master 2 en philosophie de l’ENS.

Le thème de la révolte est central dans la pensée de Sartre, mais reste relativement peu étudié, en tout cas de manière systématique. Il est vrai qu’il se diffracte dans des textes épars, anthumes ou posthumes, célèbres ou négligés. Le séminaire ambitionne, non pas d’en tirer une doctrine, mais d’en parcourir un certain nombre de figures marquantes qui s’inscrivent, tantôt à une date redevable de l’itinéraire intellectuel de Sartre, tantôt à une date imposée par l’Histoire – sans compter les thèmes récurrents ou transversaux. On s’efforcera donc ici de faire revivre une pensée complexe et de ne pas en dissimuler les tensions ou les aspérités.

l’ENS, dans la salle des Conférences, 46 rue d’Ulm, ou dans la salle Info 2, 45 rue d’Ulm, Paris, 5e arrondissement, le vendredi de 14h à 17h.

  • PROGRAMME DU 5 décembre 2014, salle Info 2 : « La révolte des esclaves : Cahiers pour une morale »Aux pages 412-420 des Cahiers pour une morale, Sartre étudie les conditions d’une révolte a priori impossible : celle d’esclaves vivant sous un régime de maîtrise rigoureux. Compte tenu de la domination subie et de l’intériorisation de la supériorité sacrée des maîtres, les esclaves ne peuvent tenter qu’une révolte ambiguë, vouée à l’échec, symbolique plutôt qu’effective. L’étude des multiples couches de signification de cette révolte révèle néanmoins son authenticité, ainsi que sa supériorité au regard des tentations de stoïcisme qui guettent les groupes soumis à une domination sans faille. Elle permet également d’esquisser des contrepoints avec la pensée de René Girard et avec la préface de Sartre aux Damnés de la terre .