Séminaire « Ornement »

 

ORN 14 NOV - afficheL’ornement est l’une des formes d’expression de l’art les plus répandues mais aussi les plus négligées par la critique et l’historiographie. Il est pourtant présent dans tous les arts, dans toutes les civilisations. Mais jugé frivole, superficiel, vain par la critique, il  est  habituellement assimilé à un simple accessoire de l’art. Rares sont les travaux de fond, depuis The sense of order de E. Gombrich, qui lui ont été consacrés, hormis évidemment les recherches initiées par Marc Fumaroli dans le cadre de la rhétorique. Et pourtant, l’ornement, ou plus exactement pour revenir aux origines humanistes de la question, l’ornatus est l’un des opérateurs les plus importants  et les plus féconds non seulement pour la constitution  des arts, mais de façon plus générale encore dans la mise en place de la civiltà moderne. Faut-il rappeler la tâche que l’Asclepios, l’une des sources fondamentales de l’humanisme au Quattrocento, réserve à l’homme :  « L’homme doit faire en sorte que lui et le monde soient  l’un pour l’autre un ornementum. » (Asclepios §10). On est en droit de s’étonner que la plupart non seulement des esthétiques et des philosophies de l’art et mais aussi des anthropologies philosophiques aient complètement passé sous silence ce programme fondateur de la culture humaniste.

Les travaux et les recherches que propose la République des Lettres, en collaboration avec le Centre Jean Pépin (UPR 76 du CNRS) et le GDRI Savoirs artistiques et traités d’art de la Renaissance aux Lumières, visent précisément à combler cette lacune, à mieux comprendre la fonction à la fois poïétique et symbolique de l’ornement dans les arts et les cultures  passées et présentes.