Zhenyao Qin

Équipe : CIEPFC

Statut : 

Curriculum vitae : CV

Axes de recherche

Titre de thèse :

« Yves Bonnefoy à l’épreuve du chinois.
Pour une traduction critique et une évaluation de son œuvre
au prisme de l’intraduisible. »

 

Directeur(rice) de thèse :
Dominique Combe (ENS)

Année académique d’inscription :
2017-2018

 
Résumé :
En tant que traducteur des Planches courbes et d’Ensemble encore d’Yves Bonnefoy, je propose de conduire une étude doctorale, à partir de ma pratique et de mon expérience concrète, sur les questions théoriques de la traduction du français au chinois de cette poésie, et notamment de ces recueils. On sait bien que traduire la poésie est une tâche impossible. Mais, si on affronte la difficulté, comment s’y prendre, aussi bien sur le plan pratique que sur le plan théorique ? Les obstacles que rencontre le traducteur révèlent, non seulement la difficulté du transfert d’un univers culturel dans un autre, d’une langue dans une autre, mais permettent de cerner les spécificités de l’œuvre. C’est ce dernier point qui constitue le cœur de ma recherche. Notre étude commencera par une introduction à la traduction et à la réception en Chine de la poésie française depuis Baudelaire. Nous nous attacherons, dans la partie suivante, à traiter de façon générale les problèmes théoriques que pose la traduction de la poésie, celui de l’intraduisible par exemple, afin de présenter notre méthodologie de recherche. La troisième partie de la thèse analysera avec précision ce que les difficultés de la traduction révèlent sur la spécificité de l’œuvre. Nous proposons de regrouper les questions posées par la traduction en plusieurs points : les éléments culturels ; le domaine lexical et syntaxique ; la prosodie. Le plus simple est l’univers culturel, notamment la mythologie d’origine grecque, romaine et égyptienne. Lexique et la syntaxe : on rappellera rapidement les différences les plus visibles entre le chinois et le français. Mais ce qui nous semble le plus important, ce sont les emplois spécifiques que le poète fait de certains mots. C’est un problème qui est aussi lié à l’« effet » d’un texte poétique qu’à la construction de l’image du poète. La syntaxe est souvent compliquée, comme dans toute l’œuvre, et les « torsions » sont nombreuses. Elles contribuent à créer le sens poétique. C’est donc un défi pour la traduction : non seulement cette difficulté peut causer dans un premier temps des problèmes de compréhension, mais surtout elle peut inviter le traducteur à réinventer ces « meaningful forms » dans une autre langue, bien que ce soit une tâche ardue. Le dernier point concerne la prosodie : rendre le rythme, étant donné qu’il est de plus en plus « invisible » dans la poésie chinoise contemporaine. Dans un milieu poétique qui valorise actuellement la « liberté » formelle, les spécificités du rythme pourraient être rendues visibles à travers la traduction et pourraient inciter les poètes chinois à se souvenir d’une tradition oubliée. Il nous faudra enfin conclure notre étude en discutant le rapport entre la traduction et l’attente du lecteur. La traduction suscite trois attentes : le lecteur s’attend à ce que ce soit (1) un poème de langue étrangère (pas forcément française), (2) un poème contemporain (certaines « nouveautés » sont espérées), en outre, ces attentes ne se détachent jamais de (3) l’impression que ressent le lecteur en rapport avec la « tradition » poétique chinoise. Le choix du style employé dans la traduction n’est donc pas décidé par le traducteur seul, mais également par les attentes ou les exigences de ses lecteurs.
 
mots-clefs : Yves Bonnefoy, traduction poétique, l’intraduisible
 

Production scientifique

– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « L’Érit sur l’écran: un médicament pour la littérature », in Journal Littérature et Arts (Pékin, Chine), 23/08/2019.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Poésie et vérité de l’angle droit », postface de la traduction du Poème de l’angle droit du Corbusier, Changsha (Chine), Presses du Hu’nan de littérature et d’art, mai 2019.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Entendre l’enfance : vecteur de l’espoir. Les Planches courbes et la poésie tardive d’Yves Bonnefoy », in Poétique contemporaine (Pékin, Chine), vol. 2019, à paraître.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « L’Éxpérience filtrée par l’excédent. Lecture de sept jeunes poètes de l’Université Tongji », in Observations (Pékin, Chine), n°1, 2018.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Métonymie, improvisation langagière et la question du romantisme : le cas de ZANG Di et la méthodologie de la poésie chinoise contemporaine », in Poésie & inscription, vol. 2017 : « Syntaxe », Chengdu (Chine), Éditions Temps, 2018.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Se refléter, s’abîmer : la poésie du gaspillage du temps. Lecture de HE Cheng », in Marché nocturne (recueil poétique de HE cheng), Chengdu (Chine), coll. « vallée bleue », 2017.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « La poésie “rigide” : une improvisation extrême », in Appréciation des chefs-d’œuvre (Taiyuan, Chine), n°11, 2017.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Poésie du voyage : “appel du paysage qui marque la peau de tatouages”. Une lecture comparative de JIANG Hao et de ZHANG Er », in Poésie Mensuelle (Hefei, Chine), n°12, 2016.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Le Parti pris des outils : poèmes en prose de TANG Li », in Étoiles (Chengdu, Chine), n°9, 2016.
– QIN Zhenyao, « L’Esprit reflété dans un miroir ancien : une manière d’imaginer la tradition. La reconstruction des ressources poétiques classiques, le cas de ZHU Yu », in Fleuve Yan (Xi’an, Chine), n°9, 2015. (Repris dans le recueil poétique de ZHU Yu, Chanson du Dieu des fleurs, Chengdu, Presse du Sichuan de littérature et d’art, 2016.)
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « L’Écriture poétique comme technique professionnelle », in Journal du Sichuan (Chengdu, Chine), 31/7/2015.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Une brève critique des poèmes de YU Qian-qian et de YI Du », in Poésie (Pékin, Chine), n°7, 2015.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « La Muse du temps vue par la fenêtre du chagrin : une lecture d’On Grief and Reason de Joseph BRODSKY », in Journal de Hainan (Haikou, Chine), 18/5/2015.
– QIN Sanshu (QIN Zhenyao), « Les gens inexpérimentés n’ont pas besoin de pardon : la poésie de l’« ombre » et la « naïveté » mystérieuse chez DU Lü-lü », in Littérature de l’Anhui (Hefei, Chine), n°9, 2014. (Repris dans Choix de critiques de poésie chinoise 2014, ed. Association des écrivains chinois, Wuhan, Presses Yangtzé de littérature et d’art, 2015.)