Zhenyao Qin

Curriculum vitae : CV
Thèse soutenue le 14 décembre 2021.

Axes de recherche

Titre de thèse :

« Yves Bonnefoy à l’épreuve du chinois.
Pour une traduction critique et une évaluation de son œuvre
au prisme de l’intraduisible. »

 

Directeur(rice) de thèse :
Dominique Combe (ENS)

Année académique d’inscription :
2017-2018

 
Résumé :
En tant que traducteur des Planches courbes et d’Ensemble encore d’Yves Bonnefoy, je propose de conduire une étude doctorale, à partir de ma pratique et de mon expérience concrète, sur les questions théoriques de la traduction du français au chinois de cette poésie, et notamment de ces recueils. On sait bien que traduire la poésie est une tâche impossible. Mais, si on affronte la difficulté, comment s’y prendre, aussi bien sur le plan pratique que sur le plan théorique ? Les obstacles que rencontre le traducteur révèlent, non seulement la difficulté du transfert d’un univers culturel dans un autre, d’une langue dans une autre, mais permettent de cerner les spécificités de l’œuvre. C’est ce dernier point qui constitue le cœur de ma recherche. Notre étude commencera par une introduction à la traduction et à la réception en Chine de la poésie française depuis Baudelaire. Nous nous attacherons, dans la partie suivante, à traiter de façon générale les problèmes théoriques que pose la traduction de la poésie, celui de l’intraduisible par exemple, afin de présenter notre méthodologie de recherche. La troisième partie de la thèse analysera avec précision ce que les difficultés de la traduction révèlent sur la spécificité de l’œuvre. Nous proposons de regrouper les questions posées par la traduction en plusieurs points : les éléments culturels ; le domaine lexical et syntaxique ; la prosodie. Le plus simple est l’univers culturel, notamment la mythologie d’origine grecque, romaine et égyptienne. Lexique et la syntaxe : on rappellera rapidement les différences les plus visibles entre le chinois et le français. Mais ce qui nous semble le plus important, ce sont les emplois spécifiques que le poète fait de certains mots. C’est un problème qui est aussi lié à l’« effet » d’un texte poétique qu’à la construction de l’image du poète. La syntaxe est souvent compliquée, comme dans toute l’œuvre, et les « torsions » sont nombreuses. Elles contribuent à créer le sens poétique. C’est donc un défi pour la traduction : non seulement cette difficulté peut causer dans un premier temps des problèmes de compréhension, mais surtout elle peut inviter le traducteur à réinventer ces « meaningful forms » dans une autre langue, bien que ce soit une tâche ardue. Le dernier point concerne la prosodie : rendre le rythme, étant donné qu’il est de plus en plus « invisible » dans la poésie chinoise contemporaine. Dans un milieu poétique qui valorise actuellement la « liberté » formelle, les spécificités du rythme pourraient être rendues visibles à travers la traduction et pourraient inciter les poètes chinois à se souvenir d’une tradition oubliée. Il nous faudra enfin conclure notre étude en discutant le rapport entre la traduction et l’attente du lecteur. La traduction suscite trois attentes : le lecteur s’attend à ce que ce soit (1) un poème de langue étrangère (pas forcément française), (2) un poème contemporain (certaines « nouveautés » sont espérées), en outre, ces attentes ne se détachent jamais de (3) l’impression que ressent le lecteur en rapport avec la « tradition » poétique chinoise. Le choix du style employé dans la traduction n’est donc pas décidé par le traducteur seul, mais également par les attentes ou les exigences de ses lecteurs.
 
mots-clefs : Yves Bonnefoy, traduction poétique, l’intraduisible
 
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