Date : 1er et 2 octobre 2026
Lieu :
1er octobre : ENS, amphithéâtre Jean Jaurès et Université Paris 1 Panthéon Sorbonne
2 octobre : Salle à la fresque D307, 17 rue de la Sorbonne 75005 Paris
Organisation : Marie Gaille et Sandra Laugier
Argument
Consulter la présentation en anglais (English presentation)
En 2026, dans un contexte social et (géo-)politique anxiogène, marqué par de multiples divisions et conflit, qui ne semble guère porter à la projection individuelle et collective vers l’avenir, ni à l’espoir, les usages des termes de résistance et de résilience fleurissent : dans les publications académiques, les prises de position politique au sein de l’espace public, ou encore le champ de la création artistique.
Dans le présent contexte, quel éclairage philosophique peut-on proposer de ces termes, de leur sens, de leur portée ? Sont-ils concurrents ou complémentaires ? Ont-ils la capacité de porter ce qui est nécessaire aux individus et aux sociétés pour imaginer, concevoir, se représenter et recréer les conditions réelles de futurs communs ?
Dans certaines sciences, en particulier les sciences de l’environnement, de la Terre et de l’univers, elle semble utilisée comme une notion descriptive, censée désigner des propriétés du vivant ou des écosystèmes, souvent envisagés indépendamment de la dimension sociale de la vie humaine. Dans ses usages courants, de la vie en société, cette notion est fréquemment invoquée en réponse aux crises, qu’elles soient écologiques, sanitaires, psychologiques, sociales ou économiques, etc. Elle est présentée comme une capacité souhaitable, tant pour les individus que pour les communautés, à résister à l’adversité et à s’adapter au changement. « Faites preuve de résilience ! », pourra-t-on ainsi entendre alors que l’on se trouve dans une situation de deuil, de maladie, de précarité sociale et économique. Ces usages ordinaires de la notion de résilience sont parfois repris par les sciences humaines et sociales, ou critiquées par elles. Dans le second cas, elle est perçue au mieux comme naïve, au pire comme une injonction tout à fait décalée, voire inappropriée, et parfois aussi comme une manière voilée de demander ou de recommander à autrui d’aller de l’avant en acceptant un état de fait, plutôt que de le soumettre à un regard critique ou de lui résister.
Faut-il réinvestir la notion de résilience ou l’abandonner, précisément au profit de la résistance ? Et si oui, contre quoi et pour quoi? Sans trancher au préalable la question, le colloque « Care & Resilience : Bioethics, Technologies, Forms of life », 3-4 juillet 2025 (https://philosophie.pantheonsorbonne.fr/evenements/care-resilience-bioethics-technologies-forms-life) a initié une exploration de la notion de résilience et de son articulation avec la pensée éthique et politique du care. Ce colloque portait sur « l’air de famille » et les complémentarités entre care et résilience, ou à l’inverse, leurs divergences, voire leurs oppositions, en particulier lorsque l’accent est mis sur la résilience personnelle conduit à négliger les dimensions relationnelles, éthiques et collectives qui la rendent possible. Au contraire de cette vision individualiste de la résilience, il a exploré une vision de la résilience comme un processus relationnel, rendue possible par l’attention portée à la vulnérabilité et à la solidarité.
Cette exploration des airs de famille entre care et résilience constitue une piste parmi d’autres. Le présent colloque souhaite poursuivre l’exploration du sens et de la portée de ces notions de résilience et de résistance au regard de futurs communs. Nous prendrons le temps de nous arrêter sur ce qui constitue notre présent et de proposer des pistes de réflexion sur les exigences qu’il recèle pour les individus et les sociétés, mais aussi l’activité philosophique ; au-delà de l’éthique du care, nous ouvrirons d’autres voies pour l’analyse de ces notions, avec un intérêt particulier pour le rôle du droit et des droits; nous nous intéresserons à des domaines qui sont particulièrement traversés par les usages de ces termes de résilience et de résistance et où la question des futurs communs se pose avec une acuité particulière (contextes de maladies, de situations traumatiques et d’environnements abîmés) ; l’articulation entre le travail de théorisation et l’analyse des pratiques sera un fil directeur des différentes interventions.
Programme
- Conférence inaugurale à deux voix
- Session 1 Droit & droits et enjeux démocratiques
- Session 2 Contextes traumatiques et conflictuel, trauma et résilience
- Session 3 Soins et soin, en contexte médical et au-delà
- Session 4 Environnement, milieux de vie, territoires et relations entre vivants
Programme détaillé ci-dessous
Télécharger le programme (format PDF)
Inscription pour vendredi 2 octobre obligatoire, ouverte jusqu’au mardi 29 septembre à 12h sur ce lien :
https://isjps.pantheonsorbonne.fr/evenements/resiliences-resistances-futurs-communs
Avec le soutien de :
L’Institut des sciences juridique et philosophique de la Sorbonne (UMR8103), La République des savoirs (UMR8241), le Département de philosophie de l’école normale supérieure, la Chaire de philosophie à l’Hôtel-Dieu, l’IRL Mondes en transition (CNRS-Université de São Paolo) et la Faculté de Droit (CAPES) de l’Université de São Paolo.
Crédit image : @NoSelfix

