Organisé par : Maël Montévil (CNRS/RDS/Cavaillès), Caroline Petit (CNRS/RDS/Cavaillès) et Anton Robert (Ed540/RDS/Cavaillès)
Présentation :
Dans la lignée des sessions précédentes, organisées par Jean-Jacques Kupiec, puis par Gérard Lambert et Thomas Heams, le séminaire sur le vivant du centre Cavaillès se donne pour objet les défis conceptuels de la connaissance du vivant, en articulant théorie et pratique. Une fois par mois, une chercheuse des sciences du vivant, de l’histoire ou de la philosophie de cette discipline, ou un praticien, est invité à y présenter ses travaux et réflexions.
Le séminaire se veut ouvert à toutes et à tous, avec l’objectif de croiser les regards, partager les connaissances et favoriser les échanges sur un large spectre de thématiques et de questions. Il entend être le témoin de la vitalité, de l’actualité et de la fertilité des recherches à la croisée des humanités et des sciences du vivant, pour en aborder autant les questions théoriques qu’elles portent que leur incidence sur les débats contemporains.
Programme :
- Jeudi 11 septembre 2025, 16h-18h, salle de séminaire Cavaillès (29 rue d’Ulm, 3e étage, aile Curie)
Sha Xin Wei (School of Complex Adaptive Systems, School of Arts, Media + Engineering, ASU)
« Indeterminate Ontogenesis and Sensemaking »
Abstract: How does sensemaking take place amidst history-laden, open-ended ontogenesis, in particular biosocial development? Motivated and guided by Simondon’s account of ontogenesis and individuation, and Deleuze’s logic of sense, I propose an account of sense-making without a priori subjects and objects, in which sense may be co-constituted with subjectivities. In order to gain some traction, I adapt concepts from analysis on manifolds and geometric measure theory that are anexact enough to serve as lures for further thought, and still be adequate to the indeterminacy and open-ended fertility of experience and ontogenesis.
This builds on conversations with S. Kauffman, G. Longo, M. Montevil, N. Damiris, I. Stengers, E. Grosz, C. Malaspina, A. Sarti, S. van der Leeuw and Synthesis’ « Ontogenetic Process, Emergence, Individuation » research stream.
- Mercredi 8 octobre 2025, 16h-18h, amphithéâtre Evariste Galois (45 rue d’Ulm, bâtiment NIR, 2e sous-sol) cliquez ici pour le plan / zoom
Maël Montévil (centre Cavaillès, République des savoirs, CNRS)
« Theory and theorization in the sciences »
Abstract: To a large extent, the question of theoretical frameworks in the sciences has been neglected (or poorly treated) in philosophy. In parallel, we argue that scientists themselves are currently neglecting this question, and we will show the consequences of this situation in biology. We will then provide elements of the definition of scientific theories, which are partly grounded in the activity of theorization itself. We will articulate this discussion with the question of the function of theories and theorization in the sciences.
- Mercredi 5 novembre 2025, 16h-18h, salle de séminaire du DEC (29, rue d’Ulm, rez de chaussée, aile ENS)
Caroline Angleraux (Inserm UMR 1253 et IHPST)
« Cellules et unités de sélection. Quelle singularité du concept de cellule dans une perspective évolutionniste ? »
- Mercredi 10 décembre 2025, 16h-18h, salle de séminaire du DEC (29, rue d’Ulm, rez de chaussée, aile ENS)
Anton Robert (Centre Cavaillès, ENS) - Mercredi 7 janvier 2026, 16h-18h, salle de séminaire du DEC (29, rue d’Ulm, rez de chaussée, aile ENS)
- Mercredi 11 février 2026, 16h-18h, amphi Galois (45, rue d’Ulm, étage -1, immeuble Rataud)
Philip Ball
« The enabling molecular mechanisms of biological agency »
Abstract: Goal-directed behaviour, a central aspect of most definitions of agency, is arguably a defining feature of living organisms. The problem for biology is to explain such behaviour without trying to explain it away. Organisms are not “programmed by evolution” to behave in a certain way in every given circumstance, for the obvious reason that organisms, especially complex ones like humans, regularly encounter circumstances that neither they nor their ancestors have ever encountered before. The most useful (most adaptive) endowment that evolution can confer on organisms is the agential ability to make contextual decisions – biased by innate predispositions but able to evaluate and respond to circumstantial specifics, both in the environment and in the organism.
What capacities are required for this kind of agency? The key requirement is to create systems that are informationally open and not over-committed to tightly prescribed modes of action. Here I argue that to acquire such versatile and responsive functionality, fuzzy and contextual molecular interactions are a far better “programming language” than is any deterministic readout of a genetic blueprint into molecules that exhibit precise recognition. I explore the characteristics of biomolecules that give them this capacity: features such as cooperativity, promiscuity of binding, combinatorial operation, and responsiveness to higher levels of information.
Cette séance a été organisée par : Maël Montévil, Andras Paldi, Caroline Petit, Anton Robert et Carlos Sonnenschein.
- Mercredi 11 mars, 16h-18h, Salle de séminaire du Centre Cavaillès
Patrizia d’ALESSIO, Universities Milan (IT), Utrecht (NL), Sorbonne-Paris-Cité (FR).
Tradition et tentation vitaliste en biologie
La conférence présentera une synthèse des travaux scientifiques portant sur les mécanismes moléculaires de l’inflammation, en extrapolant à partir d’une particularité biophysique de ce réflexe du vivant vis-à-vis de son environnement, les implications pour un vitalisme pondéré. Ainsi l’élasticité, propriété du vivant et du non vivant caractérisée par sa capacité de réversibilité a été identifiée très anciennement par le Timée de Platon, puis par les iatromécanistes de l’Illuminisme Anglais du XVIIIème siècle notamment par les contributions de Georges Cheyne. Afin de rendre l’invisible visible, ils la situèrent dans la fibre, capable de springiness entité qui sera ensuite reprise par Albrecht Haller et Sténon au XIXème siècle, et par Raymond Ruyer et Georges Canguilhem, qui la relieront ouvertement à leur analyse du vitalisme. En revanche Alan Turing dans Morphogenesis, résumera plus sobrement and the rod starts to swing. Élasticité et réversibilité, geste spontané et autonomie des territoires cellulaires [Die Zellularpathologie, Rudolph Virchow, 1858] fonderont, avec les contributions des débats entre Wilhelm Roux et Friedrich Nietzsche sur la lutte des parties et la Einverleibung, un premier cadre conceptuel permettant d’essayer de comprendre quel a été le destin de l’intuition vitaliste pour les biologistes du passé et quelles sources ont inspiré les néo-vitalistes, tel Marc Kirschner au XXème siècle.
Sur un mode plus personnel, l’inflammation ayant la capacité d’accélérer le vieillissement et de facto d’en devenir la première responsable, la question sera abordée de comment relier le mode non-standardisé du vivant, (Prigogine) condition centrale pour un nouveau vitalisme assumé, à la problématique d’une longévité réussie. Y aurait-il chez ces anciens physiologistes, philosophes et mathématiciens un consensus sur l’existence d’un élément que nous nommerons l’indocilité, qui aurait pour vocation de maintenir la vitalité de la matière autant que possible ? Pour ce faire il faut recourir à la désormais doctrine de la tenségrité, qui, depuis l’architecture Fullerienne fut introduite en biologie cellulaire par Donald Ingber au XXème siècle pour rendre compte de la structure biophysique inhérente à cette propriété, capable de combiner en permanence une alternance entre pré-stress et stress, grâce aux passages élastiques au sein du couple compressivo-tensionnel du vivant. Ceci permet à la cellule, aux organes et aux organismes, de rester fidèles à leur mode de fonctionnement qui semble fondamentalement ignorer les injonctions sociales tout comme les contraintes de l’environnement, ce qui pourrait donner l’impression que le corps fait ce qu’il veut.
Mais pour faire quoi ? Pour privilégier ce pour quoi il est fait, c’est à dire la circulation de l’énergie, des sensations et des idées et pourquoi pas des intuitions. Ainsi Bergson essayera de cerner la profonde connexion entre les états psychologiques et les entités biophysiques du corps, en créant l’espace de l’intuition, se référant vraisemblablement au préréflexif, la condition sine qua non de la formulation d’un concept, autrement dit penser. Cette dimension est cependant liée à une autre condition, la dilatation. Pour Bergson, c’est la condition de la possibilité de l’intuition, ce qui ne l’empêche pas de se demander qu’est-ce qui se dilate, et qu’est-ce que se dilater ? L’élasticité, sous-jacente à l’état de dilatation, crée une condition de ressort intrinsèque, considérée comme une « force active originelle » et non pas un état de passivité de la matière. C’est pourquoi Bergson l’associe à « l’intuition ».
- Mercredi 1er avril-17h-19h. Séance conjointe PhiBE et séminaire sur le vivant-17h salle Jean Jaurès
Adam NOCEK, Associate Professor in Philosophy of Science and Technology and Founding Director of the Center for Philosophical Technologies at Arizona State University. Visiting Professor at the Politecnico di Milano.Chercheur Associé, Centre Georg Simmel, Centre National de la Recherche Scientifique (CNRS) and the École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS)-captation à demander ?
The Normative Organism: Canguilhem, Whitehead, and the Crisis of Value
- Mercredi 8 avril, 16h-18h, Salle de séminaire du Centre Cavaillès
Ruãn BATISTA, affiliation (Maël)- captation demandée
Titre
- Mercredi 6 mai, 16h-18h, Salle de séminaire du DEC
FRANCK VARENNE (Anton)- captation demandée
Titre
- Mercredi 10 juin, 16h-18h, Salle de séminaire du Centre Cavaillès
Océane GUSTAVE, affiliation-captation demandée
Titre
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