République des Savoirs

Laboratoire transdisciplinaire du CNRS, ENS et du Collège de France

Soutenance de thèse de Yangjie Zhao


Détails de l’événement


Lieu : ENS – 45, rue d’Ulm – 75005 Paris.
 
Titre :
« La Chine m’inquiète » – L’homosexualité proustienne au prisme de sa réception et de sa traduction en chinois (1923-2024)
 
Présentation :
Cette thèse étudie la réception et la traduction de la représentation de l’homosexualité dans À la recherche du temps perdu dans le monde chinois, afin de saisir les enjeux liés au genre et à la sexualité dans le champ littéraire.
En Chine, l’homosexualité proustienne, porteuse d’une dimension subversive, bouscule une réception longtemps figée autour du seul yishiliu (« flux de conscience »), privilégiant une lecture esthétique et apolitique. À l’épreuve de la langue chinoise, l’œuvre de Proust – lui-même traducteur – met aussi en lumière le rôle complexe du traducteur et l’entre-deux transculturel où se joue la lecture.
Dans ce processus de construction d’une altérité sexuelle, réception et traduction deviennent un lieu stratégique : le critique et le traducteur, confrontés à une autre langue et une autre culture, mettent en jeu leur subjectivité. La formule proustienne apparemment anodine, « La Chine m’inquiète », résume cette dynamique : l’homosexualité de la Recherche, comme expérience de l’altérité, inquiète le lecteur-traducteur chinois mais l’invite aussi, par ce détour, à interroger sa propre culture.
 
Composition du jury :
 
Victor, VUILLEUMIER
Professeur des universités, INALCO, Président et rapporteur
 
Shuang, XU
Professeure des universités, Université Paris Cité, Rapporteuse
 
Isabelle, RABUT
Professeure émérite, INALCO, Examinatrice
 
Baoqing, SHAO
Maître de conférences, Université Bordeaux Montaigne, Examinateur
 
Florence Xiangyun, ZHANG
Maîtresse de conférences, Université Paris Cité, Examinatrice
 
Anne, SIMON
Directrice de recherche, CNRS/École normale supérieure-PSL, Directrice de thèse
 
Marie, LAUREILLARD
Professeure des universités, Université Paris Nanterre, Codirectrice de thèse