Ana-Luana Stoicea-Deram

Équipe : CIEPFC

Statut : 

Axes de recherche

Titre de thèse :
« Le concept de ‘nation’
dans les discours des sciences sociales françaises
au tournant des années 1990. »

Directeur(rice)(s) de thèse :
Perrine Simon-Nahum (CNRS)

Année académique d’inscription (ED 540) :
2019-2020

Résumé :
La thématique du fait national réapparaît dans les sciences sociales françaises au milieu des années 1980, et pendant une longue décennie elle nourrit une riche production scientifique.
L’objectif de cette recherche est d’observer et d’analyser le fonctionnement du terme ‘nation’ dans l’espace constitué par les discours des sciences sociales françaises, pendant la deuxième moitié des années 1980 et le début des années 1990. A travers des textes, qui seront lus dans un contexte intégrant depuis le travail de réflexion qui conduit à leur écriture et jusqu’à leur réception, je me propose d’observer les significations données à ce terme, les moments où se produisent des modifications sémantiques, des déplacements de significations lors d’emplois où le même mot se charge de nouveaux contenus.
Avant de désigner une problématique ou un objet des sciences sociales, la ’nation’ est un terme du langage politique, très présent aussi dans les médias. Faire de la nation un objet de recherche scientifique suppose d’admettre la proximité des sémantismes véhiculés par les autres discours qui emploient ce terme, et la possibilité que ces sémantismes influent sur la lecture de la production savante. Dans ce contexte où le fait national acquiert une visibilité grandissante, les sciences sociales sont mobilisées pour apporter des éléments de compréhension de l’histoire se faisant.
L’approche de la ‘nation’ comme objet est rendue possible par « la prise en compte de la conscience pratique », qui consiste à problématiser, à questionner « le monde familier, descriptible, qui participe à notre environnement » (F. Dosse).
Le tournant enregistré par les sciences sociales dans les années 1980 a favorisé le questionnement de la ‘nation’, sa constitution en objet d’analyse, une approche compréhensive qui, tout en prenant la mesure de la dimension historique de l’objet, posait également celle de l’épaisseur de la fausse évidence sémantique qui permettait au mot de circuler entre plusieurs registres de la langue.
Le corpus de référence sur lequel portent les analyses est constitué d’une vingtaine d’ouvrages de sciences sociales, abordés à travers la perspective de l’interdiscours, suivant la théorie développée par D. Maingueneau (Genèses du discours), qui pose la primauté de l’interdiscursivité sur le discours.

Mots clefs :
Nation, concept, sciences sociales, France.