Marie Deschamps

Équipe : Mathesis

Affiliation : 

Grade : 

Axes de recherche

Titre de thèse :

« Le rousseauisme dans la pensée politique française
de 1830 à 1912.
Usages conceptuels, héritages philosophiques et
mythologies politiques. »

Directice de thèse :
Florent Guénard (CNRS)

Année académique d’inscription :
2021-2022

 

Résumé :
 Les pensées politiques qui émergent en France au XIXe siècle lèguent au citoyen d’aujourd’hui un florilège de réflexions sur la démocratie, ses limites, ses ressources et proposent un travail de définition inédit de l’idée de liberté. Les théories politiques y sont d’autant plus riches qu’il n’existe pas de modèle politique consensuel, et que chaque régime doit être âprement critiqué ou défendu avant d’espérer être mis en œuvre. Le but de ce travail est de reconstituer ces débats à partir de la manière dont on y discute de Rousseau. Notre intention n’est pas de rabattre la compréhension d’idées politiques nouvelles sur leurs conceptions antérieures, mais bien de chercher à comprendre ces idées en prenant pour entrée l’ennemi qu’elles pourfendent. Or, Rousseau est cet ennemi pour l’immense majorité des penseurs politiques du XIXe siècle, et l’on a de cesse de critiquer et de dénoncer sa pensée politique. Mettant en cela d’accord des personnalités et des pensées aussi hétéroclites et idéologiquement antithétiques que celles, par exemple, de Benjamin Constant, de Pierre-Joseph Proudhon et de Charles Maurras, ce consensus autour de Rousseau ne peut exister qu’au prix de quiproquos. On lui attribue toutes les casquettes et toutes les couleurs : à côté d’un Rousseau communiste, se dressent comme figures concurrentes un Rousseau chrétien et conservateur, un Rousseau bourgeois et libéral. Tantôt champion de l’idée démocratique, tantôt considéré comme son premier fossoyeur, Rousseau endosse la fonction conceptuelle de modèle repoussoir, auquel on prête toutes les paternités, toutes les mythologies et une part considérable de responsabilité dans les événements politiques qui secouent la France depuis la Révolution. Comprendre et aller redécouvrir dans le texte rousseauiste la complexité et la richesse des ambiguïtés qui ont rendu possible une telle mosaïque interprétative constitue l’autre ambition de recherche de ce présent travail.

Mots-clés :
Rousseau, philosophie politique, liberté, réception, XIXe siècle