Les Sources au cœur de l’épistémologie historique et littéraire

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Date de publication v2 : avril 2016

« Les archives de la censure: choisir entre déontologie scientifique et éthique citoyenne ? », Les Sources au cœur de l’épistémologie historique et littéraire, dir. J.-B. Amadieu, J.-M. Joubert, F. Ploton-Nicollet et M. Vârtejanu-Joubert, Éditions de l’École nationale des chartes, 2016, p. 123-139.

Résumé: Un objet d’étude comme les censures de l’Index s’accompagne d’une légende noire préalable, celle du censeur borné. Le chercheur membre d’une société se voulant éclairée et émancipée cède aisément au jugement préétabli par sa culture d’appartenance, voire considère comme une démarche citoyenne le fait de valider le préjugé hostile aux censures romaines. Mais corroborer le poncif n’est pas la seule tentation que subit le chercheur ; la volonté de démystifier à tout prix le lieu commun, et même de lui opposer une légende dorée du censeur extra-lucide, sombre dans la manie de la déconstruction systématique des stéréotypes et manque encore de rigueur scientifique. Travailler sur des sources inédites dont le champ est investi par une légende noire dictée par des impératifs moraux ou citoyens exige du chercheur qu’il prenne en considération le gouffre culturel qui sépare les valeurs contemporaines et les « sorciers » de l’Index, et qu’il adopte une « connaissance de l’intérieur » prônée par les maîtres en histoire religieuse.