Séminaire organisé par Willy Ramos Delvalle et Lissa Lincoln
Adresse :
ENS – rue D’Ulm – Paris Ve
ATTENTION adresses et salles variables
Présentation
La colonialité du pouvoir reste active sur le plan mondial, mais comment la démanteler ? Le séminaire « Décoloniser la pensée : regards autochtones » part des théories postcoloniales et décoloniales en vue de constituer un espace de convergence des pensées et luttes avec l’Autre radical contre lequel la Modernité s’est construite : l’ « Amérindien » (Toledo 2021 ; Blanco, Delgado 2021). Nous souhaitons aller au-delà, en invitant aux séances du séminaire des répresentant.e.s des peuples autochtones de divers continents. Compte-tenu de l’exclusion des peuples autochtones de l’architecture du pouvoir et de la raison moderne, la co-construction d’un monde avec la vision politique des peuples autochtones est susceptible de constituer l’alternative radicale envisagée (Quijano 2020). Le séminaire vise à réfléchir à la construction de sa mise en œuvre.
Enregistrements actuellement disponibles
- Ixchel Alvarado Avila, « La portée de l’identité maya dans la diplomatie guatémaltèque : Les textiles mayas dans les campagnes touristiques guatémaltèques », 18 septembre 2024, ENS, Paris, https://savoirs.ens.fr/expose.php?id=4614
- Clarisse Taulewali da Silva, « Le peuple Kali’na de Guyane à l’ONU : aspects juridiques, politiques et sociaux », 22 janvier 2025, ENS, Paris, https://savoirs.ens.fr/expose.php?id=4675
- Anastácio Peralta, « Technologies spirituelles Kaiowá : Savoir ancestral et pratiques durables en défense de la Mère Terre », 14 février 2025, ENS, Paris, https://savoirs.ens.fr/expose.php?id=4714
- Maristela Aquino, « La lutte des peuples traditionnels : Agroécologie et résistance féminine Guarani-Kaiowá », 19 février 2025, ENS, Paris, https://savoirs.ens.fr/expose.php?id=4707
Programme :

- 10 juin 2025, 17h-19h, salle théodule Ribot, 29, rue d’Ulm (rdc gauche)
- 14 avril 2025, 18h-20h, salle Dussane, 45, rue d’Ulm (rdc gauche)
Titre de l’intervention :
Dignités originaires et disputes démocratiques depuis sur le sud andin péruvien au sein des manifestations récentes 2022 – actualité (Dignidades originarias y disputas democráticas desde el sur andino peruano en las recientes protestas 2022-actualidad)
Intervenante :
Diana T’ika Flores Rojas (Aimara), doctorante en Sociologie à l’université pontificale catholique du Pérou (PUCP)
Biographie : Diana T’ika Flores Rojas est activiste d’éducation Quechua et Aimara, liée à des processus de défense des droits territoriaux et environnementaux, des femmes et des animaux. Elle a été enseignante universitaire à Lima et Puno. Actuellement, elle est doctorante boursière en Sociologie à l’université pontificale catholique du Pérou (PUCP) et effectue un séjour de recherche à l’Institut de sciences sociales de l’université de Lisbonne (UNMSM). Diplômée d’un Master en Politiques publiques (Flacso-Equateur). Ses expériences vont de l’éducation populaire, la communication politique et stratégique aux travaux auprès d’organisations sociales pendant plus d’une douzaine d’années, en passant par le secteur public dans les domaines de la communication politique et interculturelle.
Résumé : Nous partageons cet échange à ce séminaire pour discuter du lieu de la politique et du politique dans les luttes des peuples Quechuas et Aymaras de l’Ande péruvien. Nous faisons allusion précisément aux disputes démocratiques des acteurs du Sud andin et de la région de Puno dans les récentes manifestations face au gouvernement de Dina Boluarte, dont la répression étatique est responsable du meurtre de plus d’une cinquantaine de citoyens. A cette fin, nous faisons la mémoire de comment on a envisagé de cerner la participation politique des peuples autochtones ou originaires au sein des républiques auparavant colonisées par la couronne espagnole, en réfléchissant à propos des contradictions et possibilités que la reconnaissance de leurs droits politiques à la fin du XXe siècle a entraînée.
Ce bref exercice historique nous permettra de mieux comprendre les stratégies politiques que – dérivées de cet apprentissage – les peuples du sud andin péruvien sont en train de développer pour faire face au racisme et se réaffirmer comme des sujets politiques face à un état-nation non seulement excluant mais ancré dans une société profondément coloniale et classiste. Nous nous focaliserons sur deux parmi ces nombreuses stratégies : le sens de la dignité des acteurs de Puno au sein des manifestations en recrudescence depuis décembre 2022 face à la sortie de l’ancien président Pedro Castillo, et aussi, au sein du leadership communautaire exercé et revendiqué par les femmes autochtones du sud andin. Puis, nos réfléchirons sur les paradoxes et défis auxquels ces stratégies politiques défiantes de la démocratie libérale font face.
Resumen (espagnol) :
Compartimos la palabra en este seminario para discutir el lugar de la política y lo político en las luchas de los pueblos quechuas y aymaras del ande peruano, específicamente nos referiremos a las disputas democráticas de los actores del sur andino y de la región de Puno en las recientes protestas frente al gobierno de Dina Boluarte, cuya represión estatal es responsable del asesinato de más de 50 ciudadanos. Para este fin, hacemos memoria sobre cómo se pretendido enmarcar la participación política de los pueblos indígenas u originarios en las repúblicas antes colonizadas por la corona española, reflexionando sobre las contradicciones y posibilidades que gestó el reconocimiento de sus derechos políticos a finales del siglo XX.
Este breve ejercicio histórico nos permitirá entender mejor las estrategias políticas que ─derivadas de este aprendizaje─ vienen desarrollando los pueblos del sur andino peruano para enfrentar el racismo y reafirmarse como sujetos políticos ante un estado-nación no solo excluyente sino anclado a una sociedad profundamente colonial y clasista. Nos enfocaremos en dos de dichas estrategias: el sentido de la dignidad de los actores de Puno en las protestas recrudecidas desde diciembre de 2022 ante la salida del expresidente Pedro Castillo, y también, en el liderazgo comunitario ejercido y reivindicado por mujeres indígenas del sur andino. A su vez, reflexionaremos sobre las paradojas y desafíos a los que se enfrentan estas estrategias políticas desafiantes de la democracia liberal.
L’intervention aura lieu en espagnol et sera traduite au français.
Titre de l’intervention :
Noulo kadaton (Nous sommes vivants): Stratégies autochtones de vie et de lutte en « Guyane Française ».
Intervenante :
Yuwey Henri, Nation Kalin’a Tɨlewuyu, poète, écrivaine, penseuse et militante.
Biographie :
Yuwey Henri est talãmelonin (poète), kalédamelonin (écrivaine) onumingadoton (penseuse) et owomatodon (militante) de la Nation Kalin’a Tɨlewuyu, un des peuples autochtones de « Guyane Française » et franco-brésilienne. Inspirée par la mission visionnaire et fondatrice menée par son père, le leader Paul Henri, pour les causes autochtones en « Guyane Française » dans les années 80, Yuwey s’engage dans la lutte pour l’avenir Kalin’a. Elle cherche à fortifier la préservation des cultures autochtones de son territoire ancestral, qui subissent toujours les affres de la colonisation. Ses travaux portent une attention à l’importance des langues-racines, des concepts de féminismes, des droits des peuples originels et impliquent une analyse socio-politique du contexte guyanais dans ses multiplicités.
Yuwey collabore avec des artistes, écrivaines, chercheuses et juristes autochtones. Elle a exposé à l’Espace F. Kracjberg en 2023 et lors de la Nuit Blanche à Paris en 2024, elle a participé à des rencontres à la fondation AWARE et au Festival des Cultures de l’Université Sorbonne-Nouvelle en 2024. Elle a notamment co-organisé le colloque international “Sciences vivantes : perspectives autochtones dans le monde de la recherche et des arts” au Collège de France à Paris en février 2025.
Résumé :
Initiant la rencontre par un panorama historique, politique et social de la nation Kalin’a Tɨlewuyu de « Guyane française », Yuwey abordera les notions de résistance et de résilience autochtone séculaire, des prémices conflictuelles aux problématiques du présent. Il sera fait mention des événements majeurs ayant jalonné la relation complexe Guyane-France tels que les « homes indiens » (pensionnats religieux financés par l’État dispensant une éducation imposée et forcée aux peuples autochtones en Guyane française), de leurs conséquences et répercussions, pour considérer une remise en question collective et commune. À travers ses recherches personnelles et plurielles (intervention de Keywa Henri, artiste pluridisciplinaire et chercheur•euse indépendant•e), Yuwey exposera les stratégies autochtones de survie mises en place et construites autour de la transmission, la valorisation, l’adaptation et la réappropriation des savoirs, des histoires et des pouvoirs. Ce temps de parole proposera un regard autre sur une histoire réduite au silence et des expériences de vie invisibilisées au sein d’une société française multiple et s’inscrit comme une manifestation de la lutte autochtone pour le droit à la Vie.
La conférence aura lieu principalement en langue française.
- 19 février 2025, 18h-20h, salle Jaurès (étage -1), l’accès se fera par le 29, rue d’Ulm (l’accès par le 24, rue Lhomond ne sera plus possible en raison de travaux)
Titre de l’intervention:
La lutte des peuples traditionnelles : Agroécologie et résistance féminine Guarani-Kaiowá (Luta dos Povos Tradicionais: Agroecologia e Resistência Feminina Guarani-Kaiowá)
Intervenante :
Maristela Aquino, Guarani Nhãndeva, doctorante en Géographie à l’université fédérale de la Grande Dourados (UFGD).
Biographie :
Maristela Aquino, issue du peuple Guarani Nhãndeva, est doctorante à l’université fédérale de la Grande Dourados (UFGD) en Géographie. Diplômée d’une licence en Pédagogie au Centre universitaire de Grande Dourados et d’un Master en Anthropologie à l’UFGD, elle est institutrice dans le système public brésilien. Spécialiste dans le domaine de l’enseignement autochtone, en particulier concernant les méthodes et techniques d’enseignement, ses principaux travaux portent sur : les savoirs autochtones, l’agroécologie, la culture intercalaire, l’ethnodurabilité et l’enseignement monolingue. Lauréate du programme Bourse Guata, elle effectue une mobilité à l’université Paris 8.
Résumé :
Ce travail consiste en une analyse de la lutte des peuples Guarani Kaiowá, focalisée sur la résistance féminine et la pratique de l’agroécologie comme une stratégie de survie et résistance à l’impact des grandes entreprises transnationales de l’agronégoce et à la faim, la rareté de l’eau et le sol infertile qui en résulte. Initialement, je contextualiserai le concept de « tekoha », territoire ancestral des Guarani Kaiowá, et l’expropriation historique de leurs terres dans l’État du Mato Grosso do Sul, au Brésil. Ensuite, j’aborderai le processus de confinement des Guarani Kaiowá dans des réserves autochtones et les conséquentes réappropriations de leurs terres ancestrales. Dans le cadre de cette dynamique, je mettrai en évidence le dilemme de la famine et la rareté de l’eau dans les réserves, particulièrement à Dourados, et présenterai des récits ethnographiques à propos des familles Guarani Kaiowá qui survivent dans des conditions précaires, en collectant des aliments dans des décharges à ciel ouvert. Dans ce cadre, je mettrai en avant l’importance de l’agriculture dans la culture Guarani Kaiowá et la résistance à travers la pratique de cultures en rotation et agroécologiques. L’usage de semences « crioulas » traditionnelles émerge comme une stratégie fondamentale pour assurer la sécurité alimentaire et nutritionnelle lors des réappropriations de terres ancestrales, en renforçant l’autonomie et l’auto-durabilité des communautés. Finalement, je mettrai en évidence le rôle central des femmes Guarani Kaiowá comme des gardiennes des semences traditionnelles et de la culture ancestrale, en agissant comme des protagonistes de la construction des luttes dans les territoires comme un espace de production des connaissances traditionnelles, de science autochtone et le soin avec la nature et la résistance. Le travail est conclu avec l’importance de renforcer les cercles de savoirs traditionnels et les réseaux de solidarité entre les femmes Guarani Kaiowá, en visant à préserver leurs territoires et à promouvoir la souveraineté alimentaire.
Mots-clés :
Guarani Kaiowá, agroécologie, semences crioulas, resistance autochtone, sécurité alimentaire, tekoha, femmes autochtones
Résumé (portugais) :
Este trabalho apresenta uma análise sobre a luta dos povos Guarani Kaiowá, com foco na resistência feminina e na prática da agroecologia como estratégia de sobrevivência e resistência ao impacto das grandes multinacionais do agronegócio, da fome, da falta de água e do solo infértil decorrente. Inicialmente, contextualizarei o conceito de tekoha, território ancestral dos Guarani Kaiowá, e a histórica expropriação de suas terras no Mato Grosso do Sul, Brasil. Em seguida, abordarei o processo de confinamento dos Guarani Kaiowá em reservas indígenas e as consequentes retomadas de suas terras ancestrais. Nessa dinâmica, irei destacar o dilema da fome e a escassez da água nas reservas, especialmente em Dourados, e apresentarei relatos etnográficos sobre as famílias Guarani Kaiowá que sobrevivem em condições precárias, coletando alimentos em lixões a céu aberto. Diante desse cenário, evidenciarei a importância da agricultura para a cultura Guarani Kaiowá e a resistência através da prática de roças alternativas e agroecológicas. A utilização de sementes crioulas tradicionais surge como uma estratégia fundamental para garantir a segurança alimentar e nutricional nas retomadas, fortalecendo a autonomia e a autossustentabilidade das comunidades. Por fim, ressaltarei o papel central das mulheres Guarani Kaiowá como guardiãs das sementes tradicionais e da cultura ancestral, atuando como protagonistas na construção de suas lutas nos territórios como espaço de produção de conhecimentos tradicionais, ciência indígena e o cuidado com a natureza e a resistência. O trabalho conclui-se com a importância de fortalecer os círculos de saberes tradicionais e as redes de solidariedade entre as mulheres Guarani Kaiowá, visando à preservação de seus territórios e à promoção da soberania alimentar.
Palavras-chave :
Guarani Kaiowá, agroecologia, sementes crioulas, resistência indígena, segurança alimentar, tekoha, mulheres indígenas
L’intervention aura lieu en langue portugaise et sera traduite en langue française.
Pour revoir cette intervention, cliquer ici.
- 14 février 2025, 18h-20h, salle Jaurès (étage -1), l’accès se fera par le 29, rue d’Ulm (l’accès par le 24, rue Lhomond ne sera plus possible en raison de travaux).
Titre de l’intervention :
Technologies spirituelles Kaiowá : Savoir ancestral et pratiques durables en défense de la Mère Terre (Tecnologias Espirituais Kaiowá: Saber Ancestral e Práticas Sustentáveis em Defesa da Mãe Terra)
Intervenant :
Anastácio Peralta, Kaiowá, doctorant en Géographie à l’université fédérale de Grande Dourados (UFGD).
Biographie :
Anastácio Peralta est diplômé d’un Master en Éducation et territorialité de l’université fédérale de Grande Dourados (UFGD) et d’une licence interculturelle autochtone de la même institution. Il y prépare une thèse en géographie. Il est spécialiste en ressources forestières, avec un focus en Économie forestière. Ses travaux portent notamment sur l’éducation autochtone, la faim et le bien vivre autochtone. Lauréat de la bourse Guatá, il effectue une mobilité à l’université Paris 8.
Résumé :
La recherche plonge dans la riche cosmovision des Guarani Kaiowá, en revelant comment sa spiritualité s’entrelace profondément avec la nature. A travers des pratiques agricoles traditionnelles et des rituels ancestraux, les Kaiowá démontrent une profonde connexion avec la Mère Terre. Le concept de « technologies spirituelles » est central au sein de cette relation, en modulant leurs modes de vie et en garantissant la durabilité de leurs territoires. L’agroécologie autochtone Kaiowá, basée sur des connaissances traditionnelles transmises de génération en génération, représente un modèle de production d’aliments qui valorise la biodiversité et les cycles naturels. Pourtant, l’expansion de l’agronégoce et la perte de territoires traditionnels mettent en danger cette culture riche et ses modes de vie durables. La valorisation des technologies spirituelles Kaiowá est fondamentale pour la construction d’un futur plus durable avec le Bien Vivre Guarani Kaiowá, où l’harmonie entre les êtres humains et la nature est une priorité.
Mots-clés :
technologies spirituelles, Kaiowá, agroécologie, durabilité, Mère Terre, connaissances traditionnelles, agronégoce, cosmovision autochtone.
Résumé (portugais) :
A pesquisa mergulha na rica cosmovisão dos Guarani Kaiowá, revelando como sua espiritualidade se entrelaça profundamente com a natureza. Através de práticas agrícolas tradicionais e rituais ancestrais, os Kaiowá demonstram uma profunda conexão com a Mãe Terra. O conceito de « tecnologias espirituais » é central nessa relação, moldando seus modos de vida e garantindo a sustentabilidade de seus territórios. A agroecologia indígena Kaiowá, baseada em conhecimentos transmitidos de geração em geração, representa um modelo de produção de alimentos que valoriza a biodiversidade e os ciclos naturais. No entanto, a expansão do agronegócio e a perda de territórios tradicionais colocam em risco essa rica cultura e seus modos de vida sustentáveis. A valorização das tecnologias espirituais Kaiowá é fundamental para a construção de um futuro mais sustentável com o Bem Viver Guarani Kaiowá, onde a harmonia entre os seres humanos e a natureza seja uma prioridade.
Palavras-chave:
tecnologias espirituais, Kaiowá, agroecologia, sustentabilidade, Mãe Terra, conhecimentos tradicionais, agronegócio, cosmovisão indígena.
L’intervention aura lieu en langue portugaise et sera traduite en langue française.
Pour revoir cette intervention, cliquer ici.
- 22 janvier 2025, 18h-20h, salle Jaurès, 29, rue d’Ulm (étage -1), accès recommandé et accueil au 24, rue Lhomond
Titre de l’intervention :
Le peuple Kali’na de Guyane à l’ONU : aspects juridiques, politiques et sociaux
Intervenante :
Clarisse Taulewali da Silva, Nation Kali’na Tilewuyu, artiste plasticienne et représentante de la Jeunesse Autochtone de Guyane (JAG).
Biographie :
Clarisse Taulewali da Silva est artiste plasticienne et représentante de la Jeunesse Autochtone de Guyane (JAG). Issue de la Nation Kali’na Tilewuyu, du village de Pakawali-Paddock à Saint-Laurent-du-Maroni, en Guyane française, elle est étudiante aux Beaux-Arts de Paris et son travail artistique s’inspire de la culture autochtone, notamment des traditions et des coutumes du peuple Kali’na. Suppléante du Député de Guyane Davy Rimane.
Résumé : Dans un premier temps, je contextualiserai l’univers politique et socio-culturel des peuples autochtones en Guyane française aujourd’hui, de la départementalisation à la francisation dans les années 1960, en passant par la place et la visibilité des peuples autochtones dans les institutions jusqu’à aujourd’hui. Dans un deuxième temps, je reviendrai à l’historique de la participation des représentants autochtones à l’ONU. Puis, dans un troisième temps, j’évoquerai les problématiques auxquelles nous faisons face et que nous avons présentées aux Nations unies : l’orpaillage illégal, la Centrale Électrique de l’Ouest Guyanais, la scolarisation des jeunes autochtones et d’autres défis.
L’intervention aura lieu en langue française.
Pour revoir cette intervention, cliquer ici.
- 18 septembre 2024, 18h-20h, salle Jean Cavaillès,
Titre de l’intervention :
La portée de l’identité maya dans la diplomatie guatémaltèque : Les textiles mayas dans les campagnes touristiques guatémaltèques
Intervenante :
Ixchel Alvarado Avila, maya k’iche’ – kaqchikel, internationaliste à l’université Galileo du Guatemala et étudiante en master 2 en Géopolitique de l’art et de la culture à l’université Paris 3.
Biographie :
Femme maya K’iche’ et Kaqchikel d’Iximulew (Guatemala). Étudiante en Master 2 en géopolitique de l’art et de la culture à l’Université Sorbonne Nouvelle, boursière du Service de Coopération et d’Action Culturelle (SCAC) de l’ambassade de France au Costa Rica. Elle a obtenu une licence en Relations internationales et diplomatie à l’Université Galileo du Guatemala. Depuis 2023, elle accompagne MAZORCA, un programme de résidences artistiques franco-guatémaltèque, et est référente bénévole du Collectif Guatemala à Paris. Elle s’intéresse à l’étude de l’identité maya comme mouvement de réappropriation culturelle et à étudier comment promouvoir une utilisation plus responsable et consciente des textiles mayas.
Résumé :
Cette recherche vise à répondre la problématique suivante : quelle est la portée de la culture maya dans la diplomatie guatémaltèque ? Depuis les années 80, le peuple maya, souvent via le mouvement mayaniste, mène des initiatives culturelles et politiques pour son intégration structurelle dans l’État guatémaltèque. La culture maya devient un élément du soft power guatémaltèque, notamment dans les campagnes touristiques de l’Instituto National de Tourisme Guatémaltèque (INGUAT), qui mettent en avant les textiles et traditions mayas. Cependant, la culture maya reste un vecteur de pouvoir contesté. Seulement après le conflit armée interne (1960 – 1996) qui a coûté la vie à plus de 200,000 personnes, dont 86,5% d’origine maya ; l’État a reconnu les mayas comme une ethnies qui intégrante de la nation. Étant un élément géopolitique, la culture maya dans les campagnes touristiques soulève un paradoxe. Les femmes mayas sont promues à l’étranger comme une fierté nationale, mais subissent encore discrimination et racisme au Guatemala. De plus, les motifs textiles mayas sont médiatisés comme symboles nationaux, tandis que les acteurs culturels mayas réclament une reconnaissance intellectuelle et économique de ces motifs. L’objectif de cette recherche est de proposer des points de discussion pour comprendre la complexité du sujet et proposer des points de discussion pour concilier ces contradictions.
Pour comprendre les tensions autour de l’inclusion des éléments de la culture maya, nous allons d’abord étudier le contexte historique des Mayas au Guatemala. Ensuite, nous analyserons le projet de loi 6136, présenté par l’Association Femenina para el Desarrollo de Sacatepéquez (AFEDES) qui promeut la propriété intellectuelle collective des peuples indigènes sur les textiles mayas. Enfin, nous examinerons comment la portée internationale des acteurs culturels diverge de la politique culturelle étrangère de l’État et propose de nouveaux paradigmes de diplomatie.
Pour revoir cette intervention, cliquer ici.
Soutien institutionnel : Chaire Géopolitique du Risque, PhilOfr, République des Savoirs.
Vous pouvez prendre connaissances des interventions passées en cliquant ici.
Crédit photo : © (Paixao 677 / Wikimedia Commons)

